Eco-technologies : TechFund Europe cité dans le Monde

 Les investisseurs plébiscitent les « éco-technologies ». Depuis le 12 novembre, Al Gore n’est plus seulement l’ancien vice-président des Etats-Unis, ou l’auteur du film sur le réchauffementclimatique Une vérité qui dérange. Il est aussi employé de Kleiner, Perkins, Caufield and Byers (KPCB), l’un desinvestisseurs les plus réputés de la Silicon Valley californienne, qui a déjà mis le pied à l’étrier à Google et à Amazon, par exemple, en prenant des participations dans leur capital alors que ces sociétés étaient encore méconnues.Cet événement montre l’importance prise aux Etats-Unis, par les « cleantechs », les technologies écologiques ouencore « éco-technologies ». M. Gore mettra ses connaissances et ses relations dans ce domaine à la disposition de son nouvel employeur. Sous ce vocable de cleantechs, se cachent les technologies nécessaires pour produire, stocker ou distribuer des énergies renouvelables (éolienne, solaire, etc..), mais aussi celles destinées à réduire la consommation d’énergie. Le spectre est très large. Il vise aussi bien de nouveaux capteurs pour l’habitat que des systèmes de récupération d’eau de pluie, ou des cellules photovoltaïques pour les panneaux solaires, voire même, des procédés pour extraire du pétrole en consommant moins d’énergie. Après les technologies de l’information et de la communication (TIC), puis les biotechnologies, les sociétés de capital-risque, qui investissent au capital de jeunes entreprises innovantes, espèrent les revendre quelques années plus tard avec une forte plus-value. Elles s’enthousiasment aujourd’hui pour les éco-technologies. Selon la National Venture Capital Association, l’association américaine du capital-risque, 1,5 milliard de dollars (1 milliard d’euros) auraient ainsi été investis, dans les cleantechs, en 2006 aux Etats-Unis. Un chiffre du même ordre de grandeur que pour les TIC en 1996.Cet engouement gagne l’Europe et la France en particulier. La hausse du prix du pétrole, la prise de conscience environnementale, et les contraintes législatives qui en découlent, décuplent l’intérêt pour ce domaine d’activités. La mondialisation aussi. « Les pays émergents vont directement adopter les technologies innovantes, pour leur besoin en énergie, ou le traitement des déchets », remarque Grégoire Aladjidi, partenaire de la société de capital-risque TechFund. « Les montants investis sont supérieurs aux Etats-Unis, mais la réflexion est plus avancée en Europe », affirme Eric Marty, directeur d’investissement à la société de capital-risque Emertec. En Europe, la France occupe le troisième rang dans ce domaine, derrière la Grande-Bretagne et l’Allemagne, selon Ernst & Young. Mais l’Hexagone pourrait vite réduire l’écart avec ses voisins. Les investisseurs sont unanimes. La France est dotée d’atouts spécifiques, expliquent- ils. Ses grandes entreprises du secteur de l’énergie (Areva, Total, EDF), du traitement des déchets (Veolia, Suez), du transport (automobile, ferroviaire, aéronautique) ont suscité des recherches dans le secteur. Des laboratoires comme ceux du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), de l’Institut français du pétrole (IFP), du CNRS, sont des mines d’innovations, qui suscitent la création de start-up. « La France, pays d’ingénieurs, est très créative pour développer des applications à partir de technologies devenues économiquement intéressantes dans les conditions actuelles», remarque Dominique Agrech, de la société de capital-risque XAnge. « Les énergies propres ont suscité une vague de fond au 1er semestre 2007 », constate Christophe Chausson à l’occasion de la publication de son indicateur sur le capital-risque. Mais elle est difficile à quantifier. Le montant estimé des investissements varie entre 35 millions d’euros – soit 6 % des sommes investies dans le capital-risque en France depuis le 1er janvier 2007 – selon la société d’études Thomson Financial, à quelque 200 millions d’euros selon la définition que l’on en donne. Ces chiffres cachent une forte croissance. Quatre sociétés (Demeter, Oddo Private Equity, TechFund, Emertec) ont créé des fonds dédiés à ce secteur. Celles qui avaient levé des capitaux, en 2003 ou 2004, avaient eu du mal à attirer des investisseurs. « On passait pour des écologistes demeurés », se souvient Olivier Dupont, fondateur de Demeter. Le problème ne se pose plus aujourd’hui : « Tout le monde a compris que c’était un marché », observe M. Marty. La banque Oddo, qui a levé sans problème un fonds spécialisé de 42 millions d’euros en 2006, renouvelle l’opération cette année, « sans difficulté », constate son responsable Olivier Hua. La plupart des fonds généralistes lui consacrent une part grandissante de leurs placements. Le tiers et bientôt la moitié chez TechFund, selon son PDG Jean-Michel Barbier ; le tiers aussi chez Truffle Capital, selon son fondateur et directeur général Jean-François Fourt. « Nous voyons beaucoup de bons dossiers », constate M. Dupont. Le prix à payer pour détenir une fraction des sociétés qui les portent reste raisonnable, même si certains craignent de voir apparaître une bulle. « Les plus gros pollueurs se disent propres ; les constructeurs automobiles vendent des voitures vertes et les cimentiers du béton écologique ! La bulle est marketing et politique, avant d’être financière », s’insurge M. Fourt. Dans quelques domaines, comme l’éolien, certaines valorisations peuvent paraître élevées, mais globalement« la dynamique économique est réelle. Si bulle il y avait, elle ne serait pas prête à exploser ! », assure M. Marty.

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